Note de synthèse – Étude de faisabilité d’un dispositif mutualisé de lavage de contenants alimentaires en BFC

1. Contexte de l’étude

L’étude régionale menée en Bourgogne-Franche-Comté (BFC) explore la faisabilité d’un dispositif mutualisé de lavage de contenants alimentaires réemployables, dans un contexte marqué par des enjeux environnementaux et une pression réglementaire croissante sur les emballages à usage unique. Le réemploi des emballages primaires, tels que bouteilles, bocaux et barquettes, constitue une solution clé pour réduire les déchets, notamment dans les secteurs de la grande distribution, la restauration collective et le commerce de proximité.

À ce jour, en France, moins de 2 % des contenants alimentaires sont réemployés. Le modèle du réemploi, historiquement répandu pour les bouteilles en verre, a décliné au profit du recyclage et du plastique à usage unique. Cependant, des réglementations comme la loi AGEC (anti-gaspillage pour une économie circulaire), la loi Climat et Résilience et le règlement européen PPWR encouragent désormais le réemploi, notamment à travers des objectifs ambitieux pour 2025, 2027 et 2030.

Dans ce cadre, la région BFC vise à structurer une filière de lavage locale pour accompagner les acteurs économiques dans cette transition.

2. Diagnostic régional

L’état des lieux révèle que la région BFC dispose de gisements importants de contenants réemployables, mais que la filière reste peu structurée. Actuellement, seuls 680 millions d’unités de contenants alimentaires sont réemployés en France, dont 94 % dans le secteur CHR (Cafés, Hôtels, Restaurants). Les volumes réemployés restent marginaux dans la grande distribution (GSA) et la restauration collective.

Les principales filières concernées dans la région sont :

Bouteilles en verre : bières locales, vins et jus.

Bocaux : confitures, compotes, sauces.

Bacs GN (gastro-normes) : utilisés en restauration collective, notamment dans les cantines scolaires.

La région compte plus de 170 brasseurs, dont plusieurs acteurs déjà engagés dans le réemploi. Cependant, les obstacles sont nombreux : absence de standardisation des contenants, coûts logistiques élevés et manque de coordination entre les acteurs.

3. Cadre réglementaire

Le réemploi des emballages est encouragé par plusieurs textes législatifs :

Loi AGEC (2020) : Fixe un objectif de 5 % d’emballages réemployés en 2023 et 10 % en 2027.

Loi Climat et Résilience (2021) : Encourage la réduction des plastiques à usage unique.

Règlement européen PPWR (2024) : Introduit des normes contraignantes sur les emballages réutilisables.

Les grandes surfaces (GSA) devront instaurer des systèmes de consigne pour les bouteilles plastiques et canettes d’ici 2029. Par ailleurs, la restauration collective est soumise à des obligations de suppression des plastiques à usage unique à compter de 2025.

Cependant, les contraintes réglementaires varient selon les segments :

• En CHR, le réemploi est déjà bien développé pour les bières et eaux.